BORIS VIAN RARE 45 TOURS PHILIPS COMPLAINTE DU PROGRES
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Description
rare simple de boris vian sur la marque philips 6010467 ETAT EXCELLENT DISQUE ET POCHETTE LA JAVA DES BOMBES ATOMIQUES/LA COMPLAINTE DU PROGRES Malgré son prénom et son physique qui ont longtemps alimenté la légende sur ses origines russes, Boris Vian est issu d'une famille française depuis des siècles[2]. Selon ses biographes le nom de la famille serait d'origine piémontaise : Viana[2]. Une famille dont la fortune avait été bâtie par un grand-père dans la ferronnerie d'art, qui a réalisé les grilles de la villa Arnaga résidence d'Edmond Rostand au Pays Basque, et qui a épousé Jeanne Brousse, héritière des papeteries Brousse-Navarre[2]. Le père de Boris, Paul Vian, épouse lui aussi le 2 décembre 1917 une riche héritière, Yvonne Woldemar-Ravenez, et il a assez de fortune pour n'avoir pas besoin de travailler[3]. Le couple Paul et Yvonne Vian s'installe dans un très bel hôtel particulier, Les Fauvettes, rue de Versailles, non loin du Parc de Saint-Cloud[4]. Ils sont voisins de la famille d'Edmond Rostand. C'est là que naissent le 17 octobre 1918 Lélio Vian, et le 10 mars 1920, Boris. Il y aura deux autres enfants après Boris : Alain né le 24 septembre 1921 et Ninon née le 14 septembre 1924[5]. La villa des Vian est proche des étangs où les enfants iront pêcher les grenouilles avec François Rostand, le fils d'Edmond[4]. Yvonne est musicienne, elle joue Eric Satie, Claude Debussy ou Maurice Ravel à la harpe et au piano. Elle a donné aux deux aînés des prénoms issus d'opéras : Boris pour Boris Godounov et Lélio pour Lélio ou le Retour à la vie d'Hector Berlioz[6]. Les Vian mènent une vie insouciante : ils ont chauffeur, professeur à domicile, coiffeur à domicile, jardinier[6]. Leur voisin, Edmond Rostand, demande parfois aux enfants Vian de lui attraper des grenouilles dans les étangs pour ses recherches[7] Mais le krach de 1929 ruine Paul Vian qui se voit obligé d'abandonner la maison principale et d'aller habiter avec les enfants et le jardinier dans la maison du gardien qu'il a fait réhausser d'un étage tout en conservant une étroite bande de terrain et un carré de pelouse[8]. La villa est louée à la famille Menuhin avec laquelle les Vian ont d'excellents rapports, les enfants jouent avec leur fils Yehudi Menuhin qui est un prodige et qui invite la famille Vian à venir l'écouter à Paris en concert[8], ce qui ravit Yvonne, elle-même musicienne. Ce sont les rares sorties où Yvonne ne s'inquiète pas pour ses enfants. De caractère anxieux et autoritaire, elle favorise tous leurs jeux à conditions de garder sa nichée à portée de voix[8]. Paul s'essaie à travailler, il commence à traduire quelques textes que lui procure Louis Labat, (lui-même traducteur de Walter Scott et Arthur Conan Doyle), mais les rentrées d'argent sont insuffisantes et il devient représentant-associé pour le laboratoire homéopathique de l'Abbé Chaupitre. Paul abandonne sa luxueuse Packard pour une fourgonnette qui lui sert à faire ses tournées chez les commerçants[9]. Mais il reste à la famille Vian un autre paradis, à Landemer, dans le Cotentin, à l'ouest de Cherbourg, une propriété où sont construits trois chalets en pins situés en haut des falaises où sa mère entretenait un jardin luxuriant. C'est cet univers que Boris reproduit dans son roman L'Arrache-cœur en inventant force noms de fleurs : « Le Jardin s'accrochait partiellement à la falaise (...) des ormades sauvages, aux tiges filiformes, bossuées de nodosités monstrueuses, qui s'épanouissent en fleur sèches comme des meringues de sang, des touffes de réviole lustrée gris perle(...)[10] » À douze ans, à la suite d'une angine infectieuse, Boris souffre de rhumatismes articulaires aigus, qui provoquent une insuffisance aortique chez l'enfant. À partir de là, le garçon est élevé dans du coton, à la manière de Wolf, enfant couvé de L'Herbe rouge où l'on retrouve des passages entiers décrivant la façon dont il était sur-protégé. Wolf explique à Monsieur Perle qui l'interroge sur ses parents : « Ils avaient toujours peur pour moi, je ne pouvais pas me pencher aux fenêtres, je ne traversais pas la rue tout seul, il suffisait qu'il y ait un peu de vent pour qu'on me mette ma peau de bique (...)[11]. » Paul Vian a par la suite construit une salle de bal où ses fils peuvent organiser des fêtes sur place, ce qui rassure Yvonne la mère poule, mais qui a pour conséquence de couper encore davantage Boris et ses frères du monde extérieur. Boris regrettera en partie ce confort de vie qui l'a maintenu dans l'ignorance des faits politiques et sociaux, et comme l'un des trumeaux de L'Arrache-cœur, (Joël, Noël et Citroën) il va par la suite se révolter comme Citroën[12]. Les études, la guerre, le jazz[modifier] Carte d'élève centralien de Boris Vian Il fait ses études au collège de Sèvres, puis au lycée Hoche de Versailles jusqu'en 1935[13]. Sa scolarité est souvent interrompue en raison d'accidents de santé. Malgré une fièvre typhoïde, à l'âge de 15 ans, il passe avec dispense son baccalauréat latin-grec, et il fait sa classe de terminale au lycée Condorcet, à Paris en 1936[14]. À 17 ans, il obtient le second baccalauréat (philosophie, mathématiques, allemand)[14]. Il suit les classes préparatoires des grandes écoles scientifiques du lycée Condorcet et entre à l’École centrale de Paris en 1939 où il obtient son diplôme d'ingénieur en 1942[15]. Le 6 novembre 1939, Boris rejoint l'École centrale repliée à Angoulême. Mais en voyant passer les convois de réfugiés belges, il mesure l'absurdité d'une situation dont, jusque là, les échos ne lui parvenaient que sous forme de rumeurs. Confronté à une réalité qui le dépasse, il écrit par la suite : « Je ne me suis pas battu, je n'ai pas été déporté, je n'ai pas collaboré, je suis resté quatre ans durant un imbécile sous-alimenté parmi tant d'autres[16]. » Parallèlement à ses études, Boris apprend à jouer de la trompette. Il s'inscrit au Hot Club de France, présidé par Louis Armstrong et Hugues Panassié, dès 1937. Avec son frère Lelio (à l'accordéon et à la guitare), et son autre frère Alain (à la batterie), il monte une petite formation qui anime d'abord les surprises-parties avant de rejoindre en 1942 l'orchestre amateur de Claude Abadie qui joue du dixieland[1], et qui s'efforce de sortir des sentiers battus et des sempiternelles jams de règle chez les musiciens amateurs français[17]. Deux ans plus tard, le 10 janvier 1944, il rencontre Claude Luter et il se joint à lui pour ouvrir un club de jazz le New Orleans Club qui ne fonctionnera que quelques jours à Saint Germain-des-Prés[18]. Ils vont jouer ensemble, plus tard, au Caveau des Lorientais, et au Tabou. Après la Libération de Paris, on le retrouve avec l'orchestre Abadie qui est considéré comme l'un des meilleurs orchestres de jazz amateur de l'époque[18] Le jazz et les fêtes sont un moyen pour Boris de compenser l'ennui que lui procurent ses études à l'École centrale. Ce qui ne l'empêche pas d'être un élève très sérieux : il est le seul à prendre intégralement les notes des cours, dont il fait un document intitulé Physicochimie des produits métallurgiques, agrémenté d'alexandrins et de citations. Cette brochure ronéotypée de soixante pages est la première œuvre écrite de Vian[19]. Toutefois, il préfère les répétitions aux révisions et il exprime violemment le peu de crédit qu'il accorde aux cours « donnés par ces professeurs idiots qui vous bourrent le crâne de notions inutiles, compartimentées, stérotypées (...) Vous savez maintenant ce que j'en pense de votre propagande. De vos livres. De vos classes puantes et de vos cancres masturbés[20]... » Rien d'étonnant à ce que son travail à l'Association française de normalisation (AFNOR), où il est engagé de 1942 à 1946[21],[22], lui pèse. Mais cela lui laisse assez de temps pour écrire des poèmes et de la musique de jazz. En 1943, il produit Cent sonnets et Trouble dans les Andains[23]. Son travail d'écriture doit beaucoup à sa compagne, Michelle Léglise, qu'il a épousée le 5 juillet 1941, en l'église Saint-Vincent-de-Paul à Paris, et à l'ambiance générale de la famille Vian[24] où l'on fabrique jeux de mots, contrepèteries, calembours. Michèle vient de commencer l'écriture d'un roman, et la famille se régale de la manière dont Boris joue sur les sonorités, il éprouve un grand plaisir à en jouer. Il passe d'ailleurs beaucoup de temps à compulser l'Almanach Vermot[24]. C'est pour Michelle qu'il a déjà écrit en 1942 un Conte de fées à l'usage des moyennes personnes. Littérature et jazz sont les deux dérivatifs qui permettent au normalisateur de l'AFNOR, de ne pas sombrer dans la mélancolie[25]. Le swing et le drame[modifier] Michelle et Boris ne sont peut-être pas des zazous, mais ils ont en commun avec cette population de jeunes gens le goût du swing et des fêtes, où ils emmènent parfois leur enfant, Patrick, né le 12 avril 1942. Leurs surprises parties sont encore cantonnées à "Viledavret", c'est ainsi qu'il orthographie la ville dans sa correspondance et dans son journal intime publié ensuite sous le titre "journal à rebrousse poil" [26]. Dans ces fêtes-là, on trouve les zazous de la périphérie chic, là où la police de la zone occupée ne patrouille pas. Ils ne vont pas encore dans les bars du quartier latin, ni dans les caves. Mais l'attitude de Boris Vian est assez voisine de celle des zazous parce qu'ils sont d'abord « très très swing et qu'ils aiment le jazz[27]. » Dans Vercoquin et le Plancton , il fait une description vestimentaire des zazous : « Le mâle portait une tignasse frisée et un complet bleu ciel dont la veste lui tombait aux mollets (…) la femelle avait aussi une veste dont dépassait d'un millimètre au moins une ample jupe plissée en tarlatane de l'île Maurice[28]. » Attaqués par les journaux conservateurs les zazous en rajoutent en investissant d'abord les cafés des Champs-Élysées, puis du quartier Latin. Mais malgré les éditoriaux de La Gerbe, l'occupant ne voit pas en eux des ennemis : ils ne sont ni communistes, ni juifs, ni résistants. Seul le journal L’Illustration en fait un portrait teigneux, et tellement surréaliste, qu'il ressemble à ceux de Boris Vian dans Vercoquin et le Plancton où l'écrivain a ressemblé toute la bande de ses frères, ses amis et Michèle pour laquelle Boris taille parfois des talons compensés (à ses chaussures)[29]. En 1944, Boris écrit un scénario ("Histoire naturelle") et des poèmes qu'il réunit dans un recueil intitulé après plusieurs avatars " Un Seul Major, un Sol majeur", en hommage à son ami Jacques Loustalot, dit Le Major, rencontré à Capbreton pendant la drôle de guerre. En 1944, il envoie une ballade à la revue Jazz Hot, (qu'il écrivait Jazote) et signe de son anagramme Bison Ravi[30]. Mais cette même année, le monde des Vian s'effondre : le père, Paul, est assassiné dans sa maison dans la nuit du 22 au 23 novembre 1944. Les chalets de Landemer ont été détruits par les allemands. Et Boris, considéré comme le « plus sage de ses enfants » a reçu de son père la lourde mission de vendre la maison familiale à "Viledavret"[31]. Cette année là, avec Michèle, il se réfugie dans l'appartement parisien des Léglise, rue du Faubourg Poissonnière, cependant que François Rostand confie à son père, qui publie chez Gallimard, le manuscrit de Vercoquin et le Plancton. Edmond le transmet à Raymond Queneau secrétaire général des éditions Gallimard. Et le 18 juillet 1945, Boris signe son premier contrat d'auteur. À partir de ce jour, Boris et Queneau (que l'on retrouve dans tous les caveaux de Saint-Germain-des-Prés), deviennent des amis très proches, avec sans doute, une relation père/fils, et en commun ce goût immodéré du jeu avec les mots[32]. Le rat de cave et l'écrivain[modifier] Le haut de la rue des Carmes, vue depuis la rue des Écoles, donnant sur le Panthéon de Paris. Là se trouvait en 1946 le Caveau des Lorientais Rue Dauphine, Paris où se trouvait la cave Le Tabou Contrairement à une légende, Boris Vian n'a pas créé Saint Germain-des-Prés, symbole de l'existentialisme et des zazous. S'il connaît le quartier depuis 1944, il ne commence à le fréquenter très régulièrement qu'en 1946 à la création du Caveau des Lorientais[33]. « Boris, qui prend parfois la trompette, fait règner une ambiance quasi religieuse[34]. » Si les frères Vian ont drainé le Tout-Paris au Tabou, si l'on surnommait Boris « le Prince du Tabou »[35], à partir de 1947, Boris ne participait que très rarement aux bacchanales qui comportaient l'élection de « Miss Vice » et autres fantaisies d'un goût douteux. Il préférait organiser Rue du Faubourg-Poissonnière des « tarte-parties » réunissant des musiciens de jazz[36]. Au Caveau des Lorientais, ouvert en 1946 rue des Carmes, on danse le Lindy hop ou le Bebop (danse)[37] avec Claude Luter et son orchestre. Il trouve cette population « très très swing [37].» selon l'expression qu'il affectionne . Dans le Manuel de Saint Germain des Prés, il fait une description de Claude Luter que l'on retrouve dans toutes les biographies : « 1,84m, 80 kg etc.[38]. » Boris y vient avec ses amis, et après la fermeture des Lorientais, la même population se retrouve au Tabou, au 33 rue Dauphine, où viennent également des intellectuels: Maurice Merleau-Ponty, Jacques Prévert, des journalistes que Vian surnomme les « pisse-copie »[39] et des artistes Juliette Gréco, Marcel Mouloudji, Louis Armstrong[40]. C'est aussi dans ces caves que Boris retrouve ses amis les plus proches Jean-Paul Sartre (le Jean Sol Partre de L'Écume des jours), Simone de Beauvoir (la Duchesse de Bovouard de L'Écume des jours) et surtout Raymond Queneau qui dirige chez Gallimard la collection La Plume au vent et qui compte y insérer Vercoquin et le plancton après quelques retouches. Mais au sein du comité de lecture de Gallimard, Jean Paulhan s'oppose à Queneau pour des raisons politiques. Queneau a fait connaître son écœurement devant l'épuration au sein du comité des écrivains, et cela ne plaît pas aux purs et durs auxquels Jean Paulhan appartient[41]. Queneau est malgré tout convaincu des qualités d'écrivain de Vian et il lui fait signer un nouveau contrat pour Les Lurettes fourrées dont il n'a lu aucune ligne[32]. La publication de Vercoquin et le plancton se fait attendre. Boris est très déçu, d'autant plus qu'il compte quitter l'AFNOR. En attendant, Queneau l'intègre à une joyeuse bande de journalistes de Combat : Alexandre Astruc, Jean Cau le gauchiste, Robert Scipion[42]. Beaucoup font du journalisme pour entrer sans payer là où il faut être vu. Ces jeunes gens sont lancés à l'assaut des lettres, mais aussi du spectacle. C'est avec eux que Boris est invité à se produire, avec l'orchestre Abadie dans le film Madame et son flirt de Jean de Marguenat[43]. De cette expérience, Boris tire une nouvelle Le Figurant insérée dans le recueil Les Fourmis édité par Les éditions du Scorpion en 1949[42]. Le 15 février 1946, Boris quitte l'AFNOR pour entrer à l'Office professionnel des industries et des commerces du papier et du carton. Son salaire est plus élevé, le travail plus léger, ce qui permet à l'écrivain de rédiger son premier véritable roman : L'Écume des jours dont l'auteur dit que c'est un mixage de toutes les périodes villdavraisoises (réellement : dagovéraniennes). « Il y a beaucoup de bonheur dans dans l'Écume des jours. Et puis il y a le petit danger de l'homme qui sent pointer quelque chose qui le tenaille à l'intérieur [44] » . En effet, derrière le conte rôde la mort, comme celle qui rôde autour de Boris lui-même, tenaillé par la maladie et dont l'univers au fil des années n'a cessé de se rétrécir[45]. Rédigé à une rapidité folle, le roman est prêt début juin 1946 pour être présenté au prix de la Pléiade sur lequel Boris compte beaucoup. Le livre est dédié à Michèle et Queneau, qui trouve Vian très en avance sur son temps, espère beaucoup puisque Jean Paulhan s'est en quelque sorte engagé[46]. Les membres du jury sont André Malraux, Paul Éluard, Marcel Arland, Maurice Blanchot, Joë Bousquet, Albert Camus, Jean Grenier, Jacques Lemarchand, Jean Paulhan, Jean-Paul Sartre, Roland Tual et Raymond Queneau[46]. Mais malgré le soutien de Sartre, Queneau et Lemarchand, tous les autres membres ont suivi l'avis de Paulhan, et Boris n'aura pas le prix de la Pléiade qui est décerné à un ecclésiastique pour contrebalancer les soupçons de collaboration qui pèsent sur la maison Gallimard. Ce prix est sans rapport avec le contenu du livre : c'est un acte politique[47]. Mais c'est surtout une immense déception qui provoque une colère de Boris dont on trouve des traces dans L'Automne à Pékin[48] où il fustige « L'abominable contremaître Arland »,« Ursus de Jeanpolent » et « l'abbé Petitjean » (celui auquel on a décerné le prix s'appelait l'abbé Jean Grosjean[49].) Il lui reste, pour se consoler, le jazz et la peinture, ainsi que sa grande amitié avec le couple Sartre-Beauvoir, et toute la bande des sartriens. Le 12 décembre 1946, Michèle et Boris donnent une « tartine-partie » dans l'appartement des Léglise où Boris assiste, éberlué, à la rupture entre Maurice Merleau-Ponty et Camus, ainsi qu'à la première brouille entre Sartre et Camus[50]. Cependant, bien que Vercoquin et L'Écume aient, selon Paulhan, bénéficié de la même promotion que le prix de la Pléiade, les deux livres de Vian sont un échec commercial. Tirés à quatre mille exemplaires, il s'en est vendu quelques centaines, et il n'y a pas de revue de presse[51] J'irai cracher sur vos tombes[modifier] Au début de l'été 1946, Boris fait la connaissance d'un jeune éditeur, Jean d'Halluin, un assidu du Flore qui vient de créer Les éditions du Scorpion. Jean demande à Boris de lui faire un livre dans le genre de Tropique du cancer de Henry Miller qui plaît beaucoup. En quinze jours, du 5 au 23 août, Vian s'amuse à plagier la manière des romans noirs américains[52]. Avec des scènes érotiques dont il dit qu'elles « préparent le monde de demain et frayent la voie à la vraie révolution [53]. » L'auteur est censé être un américain nommé Vernon Sullivan que Boris ne fait que traduire. D'Halluin est enthousiaste[54]. Boris en introduction du livre, prétend avoir rencontré le véritable Vernon Sullivan et reçu son manuscrit de ses mains[55]. Il y voit des influences littéraires de James Cain, il met en garde contre la gêne que peuvent occasionner certaines scènes violentes. Jean d'Halluin a même prévu de publier des bonnes feuilles dans Franc-Tireur. Tous deux espèrent un succès sans précédent. Les premières critiques indignées leur donnent l'espoir que le scandale sera égal à celui soulevé par la publication du roman de Miller, et la critique du roman par Les Lettres françaises, qui le traite de « bassement pornographique », fait monter la sauce[56]. Mais bien vite il lui faut déchanter lorsque France Dimanche et l'hebdomadaire L'Époque réclament des poursuites pénales identiques à celle qu'a connues Henry Miller[57]. D'autre part, on annonce la parution d'un deuxième Vernon Sullivan. Mais déjà, Jean Rostand, l'ami de toujours, se déclare déçu. Boris a beau se défendre d'être l'auteur du livre, un certain climat de suspicion règne chez Gallimard qui refuse du même coup l'Automne à Pékin. Seul Queneau a deviné qui était l'auteur et trouve le canular très drôle[58]. « L'honneur » réservé à Henry Miller touche aussi, malheureusement, Boris Vian, qui est attaqué en justice par le même Daniel Parker et son Cartel d'action sociale et morale[58]. Boris risque deux ans de prison et 300 000 fr d'amende. Il est accusé d'être un « assassin par procuration » parce qu'on rapporte dans la presse un fait divers où un homme a assassiné sa maîtresse en laissant J'irai cracher sur vos tombes à côté du cadavre[59].Boris doit prouver qu'il n'est pas Vernon Sullivan et pour cela, il rédige en hâte un texte en anglais qui est censé être le texte original. Il est aidé pour ce travail par Milton Rosenthal, un journaliste des Temps modernes[59]. Finalement, en août 1947, le tribunal suspend les poursuites. Mais « l'affaire » aura une suite que Noël Arnaud a résumée dans le Dossier de l'affaire J'irai cracher sur vos tombes publié en 1974[60], et réédité en 2006 chez Christian Bourgois. Le jazz et le déclin[modifier] la terrasse du Flore où Boris Vian retrouve ses amis la terrasse des Deux Magots, l'autre café de Boris Boris se réfugie maintenant dans le jazz, notamment au Club Saint Germain où il approche son "dieu" : Duke Ellington . Il va bientôt être directeur artistique chez Philips et en attendant, il donne régulièrement des chroniques dans le journal Jazz Hot jusqu'en 1958 où il tient une « revue de la presse ». Henri Salvador disait de lui : « Il était un amoureux du jazz, ne vivait que pour le jazz, n'entendait, ne s'exprimait qu'en jazz ». Duke Ellington est arrivé à Paris sans son orchestre qui est retenu à Londres par les lois syndicales[61]. Boris le suit partout fait sa promotion et le premier concert de Duke au Club Saint Germain est un tel succès qu'il donne ensuite deux concerts à la salle Pleyel[62] On retrouve encore Boris au café de Flore ou aux Deux Magots, où se rassemblent intellectuels et artistes de la rive gauche. Ou bien au Club du Vieux Colombier où il suit Claude Luter à l'ouverture du Club fin 1948. Puis en 1949, on le retrouve aussi à Saint-Tropez où son ami Frédéric Chauvelot vient d'ouvrir une annexe du Club Saint Germain[63]. Mais bientôt, Boris est obligé de renoncer à la trompette (qu'il appelait la trompinette) à cause de sa maladie de cœur[1]. C'est à cette époque qu'il écrit frénétiquement pour le jazz. Outre les articles de presse pour Combat et Jazz Hot, il anime une série d'émissions de jazz pour la station de radio américaine WNEW[64],[65] Côté littérature, les choses ne vont guère mieux. Jean d'Halluin peine à vendre les remake de romans américains que produit Boris Vian sous son pseudonyme. Elle ne se rendent pas compte signé Vernon Sullivan, ne porte pas le nom du traducteur (Vian). Ce roman est un échec commercial, tout comme L'Automne à Pékin et les Fourmis qui ne se vendent pas du tout. En novembre 1948, après la loi d'amnistie de 1947, Boris Vian a officiellement reconnu être l'auteur de J'irai cracher sur vos tombes sur les conseils d'un juge d'instruction, pensant être libéré de tout tracas judiciaire. C'est sans compter avec Daniel Parker et son cartel moral qui attend la traduction en anglais de l'ouvrage sous le titre I shall spit on your graves et le deuxième tirage de l'ouvrage pour lancer cette procédure. Cette fois, le livre de Boris est interdit en 1949. Le fisc lui réclame des indemnités faramineuses[66]. L'écrivain est endetté et le couple se délite, non pour des questions d'argent, mais parce qu'une certaine lassitude s'est installée dans ce joyeux tandem[67]. Le 22 avril de cette même année, l'adaptation théâtrale du roman est un désastre[65]. En 1950, la pièce de théâtre L'Équarrissage pour tous est également interdite, et Boris condamné à une amende. Invité à un cocktail par Gaston Gallimard le 8 juin 1950, Boris rencontre une jeune femme « avec la figure en triangle » Ursula Kübler, danseuse suisse qui a participé aux ballets de Roland Petit. Ursula a la réputation d'une femme de caractère, très indépendante[68]. Boris tombe amoureux d'elle[69]. Déjà, Michèle et lui ont envisagé le divorce. Michelle est déjà, depuis 1949, la maîtresse de Jean-Paul Sartre. Boris et Ursula vont vivre ensemble les années difficiles jalonnées de maladie pour Boris, et de manque d'argent pour le couple. Les années difficiles et la fin du tunnel[modifier] Reproduction du diplôme de l'Ordre de la Grande Gidouille de Boris Vian, le 22 Palotin 80. Document tiré du magazine trimestriel Bizarre, J. J. Pauvert, numéro spécial Boris Vian de février 1966. Reproduction du diplôme de membre du Collège de 'Pataphysique de Boris Vian. Le roman de Boris L'Arrache-cœur, d'abord intitulé Les Fillettes de la reine a été officiellement refusé par Gallimard. Il est publié finalement en 1953 aux éditions Vrille et n'a aucun succès. À partir de là, Boris renonce à la littérature. 1951 et 1952 seront des années sombres. Boris Vian vient de quitter son épouse Michelle Léglise, dont il a eu deux enfants, Patrick en 1942 et Carole en 1948, et vit difficilement de traductions dans une chambre de bonne, au 8, boulevard de Clichy où il s'installe avec Ursula, qu'il surnomme "l'Ourson" [70].dans un inconfort total. Pour le moment, Boris n'a plus un sou, mais le fisc s'acharne à lui soutirer des impôts anciens qu'il ne peut payer. Il vit essentiellement de piges. Albert Camus l'a engagé à Combat en 1949, il travaille aussi pour Samedi Soir, France Dimanche ainsi qu'une publication considérée comme le refuge des mercenaires de la plume : Constellation[71]. Raymond Queneau est maintenant à l'Académie Goncourt, il est chanté par Juliette Gréco, il maintient ses distances avec le couple pendant un temps, avant de revenir et de s'en excuser[72]. Boris est « au fond du trou », mais il possède une étonnante faculté à rebondir. Sa pièce Cinémassacre composée de sketches et jouée par Yves Robert et Rosy Varte à La Rose Rouge remporte un très grand succès[73]. Ensuite, le « 22 merdre 70 », c'est-à-dire le 8 juin 1952, il est nommé « Équarisseur de première classe » au Collège de 'Pataphysique où il retrouve Raymond Queneau puis le « 22 palatin 1980 » (11 mai 1953), satrape [15]. Dans ce groupe, il donne libre cours à son imagination pour fournir des communications et des inventions baroques telles que le gidouillographe ou le pianocktail[note 1]. Son titre exact est "Satrape et promoteur Insigne de l'ordre de la grande Gidouille, avec les Sublimes privilèges que de droit"[74]. Dans ce collège, on retrouve d'autres célébrités comme Jean Dubuffet, Joan Miró, Max Ernst, Marcel Duchamp, Eugène Ionesco, Noël Arnaud, René Clair, François Caradec[75]. Dès le mois de février 1954, Boris a déposé ses textes et ses musiques à la SACEM. Un de ses textes avait déjà été enregistré par Henri Salvador. Accompagné d'Ursula, il fait le tour des music-halls, tous deux prennent des leçons de chant, cependant que Marcel Mouloudji chante Le Déserteur pour la première fois au théâtre de l'Œuvre[76]. La chanteuse Renée Lebas le reçoit et lui demande de retravailler ses titres et de les faire arranger par un vrai compositeur pour les mettre à son répertoire. Il y a aussi Philippe Clay, Suzy Delair et Michel de Ré qui lui demandent des chansons. Mais comme Zizi Jeanmaire refuse de chanter ses chansons, Vian déclare : "On peut vous refuser une chanson, mais peut-on vous empêcher de la chanter?"[77]. Le 4 janvier 1955, Boris monte sur la scène des Trois Baudets (64 boulevard de Clichy) et chante La Complainte du progrès, J'suis snob, les Lésions dangereuses, les Joyeux bouchers, le Déserteur. Son accompagnateur et arrangeur est Alain Goraguer. Dans la salle, le succès est mitigé, mais Léo Ferré et Georges Brassens sont venus l'écouter, ils lui trouvent du talent. Et le Canard enchaîné ne tarit pas d'éloges sur La Java des bombes atomiques[78]. Jacques Canetti lui propose alors de s'occuper du catalogue de jazz pour les disques Philips. Il est chargé des rééditions, d'écrire des commentaires et de corriger les dates d'enregistrement et les noms des musiciens. C'est un emploi, avec horaires et patron[79]. Seule plage de récréation : Michel Legrand rapporte des États-Unis quelques disques de Rock 'n' roll. Aussitôt, Boris Vian est inspiré et il crée avec ses complices Salvador et Michel Legrand Rock and Rol Mops qu'il édite sous le nom d'Henry Cording (Henri Salvador)[80], le parolier étant Vernon Sinclair. Avec des sonorités anglo-saxonnes, le disque parvient jusqu'en Hollande. Boris est engagé avec un cachet relativement important. Mais il ne chante plus[80]. En revanche il produit plusieurs autres Rock 'n' roll parodiques. Les dernière années[modifier] Place Blanche, vue sur le Moulin rouge derrière lequel se trouve le 6 bis cité Véron où Boris Vian et Ursula Kübler habitaient En 1954, Boris a épousé Ursula Kübler qui trouve un petit appartement, au 6 bis Cité Véron, près de la place Blanche où ils auront pour voisins Pierre et Jacques Prévert[81]. Boris aménage de ses mains ce logement vaste et plaisant dont la terrasse domine le Moulin rouge [82]. C'est une manière pour lui de prendre ses distances avec Saint Germain des prés, mais il ne coupe pas les ponts. Il installe rue Grégoire-de-Tours un magasin d'instruments de musique anciens, exotiques ou étranges et rencontre ses amis à la discothèque du 83 rue de Seine[83]. Cependant, les activités de Boris l'épuisent. Alain Robbe-Grillet envisage de rééditer l'Automne à Pékin et l'Herbe rouge aux éditions de Minuit , mais Boris se méfie « depuis le temps que le sort s'écharne sur lui, il est las, fatigué de la connerie ambiante, de ce succès qui lui échappe depuis toujours, dit Robbe-Grillet[84] » On ne peut pas dire que Le Déserteur ait été censuré par la censure. Mais la chanson l'a bel et bien été par les radios qui ne la diffusent pas, les chanteurs qui ne la chantent pas[85]. Fatigué, le moral en berne, en juillet 1956, Boris s'effondre : il est frappé d'un œdème au poumon, résultat de son surmenage. Il lui faut un lourd traitement et il se remet lentement aux côtés d'Ursula. Il accepte de tourner un petit rôle, le cardinal de Paris dans Notre-Dame de Paris de Jean Delannoy, par défi. Mais il sait qu'il a « un pied dans la tombe et l'autre qui ne bat que d'une aile [86]» L'Automne à Pékin, réédité aux éditions de Minuit, n'a encore une fois, aucun succès. Mais Boris continue d'écrire des chansons pour Salvaduche, Brigitte Bardot, Magali Noël, Philippe Clay. La maison Philips lui propose de diriger une petite collection Jazz pour tous, mais c'est un énorme travail[87] En 1957, est créé à l'Opéra de Nancy Le Chevalier de Neige, un opéra sur un livret de Boris Vian d'après les Chevaliers de la Table ronde dont Georges Delerue a écrit la musique. Malgré les avertissements de son médecin, Boris continue de se surmener, multipliant piges, traductions, écriture de chansons. Dans le Canard enchaîné, il fait l'éloge de Georges Brassens et d'un jeune chanteur très peu connu : Serge Gainsbourg. Et puis la Société Océan-Films à laquelle il a vendu ses droits, le somme de produire une adaptation de J'irai cracher sur vos tombes. Entre temps, Boris écrit le livret d'une comédie musicale-ballet et les chansons de : Fiesta, mis en musique par Darius Milhaud[88] Au cours de l'hiver 1958, il part se reposer en Normandie avec Ursula qui voudrait chanter elle aussi. Mais Boris lui répond de se débrouiller par elle-même et il donne des chansons à la chanteuse allemande Hildegarde Neff qu'il fait venir cité Véron et qu'il raccompagne devant Ursula avec une certaine muflerie[85]. C'est aussi un des aspects de Boris Vian que sa légende a occulté. Il était, sinon coureur de jupons, du moins un séducteur. Pour lui, l'acte sexuel et l'expérience érotique sont les pendants sains de l'amour[89]. Le matin du 23 juin 1959, J'irai cracher sur vos tombes, film inspiré de son roman, est projeté au cinéma Le Petit Marbeuf près des Champs-Élysées. Il a déjà combattu les producteurs, sûrs de leur interprétation de son travail, et publiquement dénoncé le film, annonçant qu'il souhaitait faire enlever son nom du générique. Michelle est venue, tous les amis sont là. Mais Boris ignorera ce qu'est devenu son roman à l'écran : quelques minutes après le début du film, il s'effondre dans son siège et, avant d'arriver à l'hôpital Laennec, il meurt d'une crise cardiaque. Le Collège de 'Pataphysique annonce la mort apparente du « Transcendant Satrape ». Postérité[modifier] Si les œuvres à succès, signées Vernon Sullivan, ont permis à Vian de vivre, elles ont aussi occulté les romans signés de son vrai nom, œuvres plus importantes à ses yeux. D'après lui, seuls ces derniers avaient une véritable valeur littéraire. L'Écume des jours qui n'a aucun succès du vivant de l'auteur fera de Boris Vian un véritable mythe auprès de la jeunesse après sa mort. Il en est de même pour L'Arrache-cœur, repris dans Le Livre de poche[90]. Dans les années 1960 et 1970, notamment pendant les événements de mai 1968,les jeunes de la nouvelle génération ont redécouvert Vian, l'éternel adolescent, dans lequel ils se sont reconnus. Au fil des années, il devient un classique, ses ouvrages sont donnés à étudier dans des écoles[91] Ses œuvres complètes sont publiées en 2003, en 15 tomes, aux éditions Fayard. À cette occasion, Ursula Vian-Kübler a organisé une petite fête cité Véron [92]. Finalement récupérées par Gallimard, ses œuvres romanesques négligées de son vivant, entrent à la bibliothèque de la Pléiade en 2010 après avoir connu un succès populaire que son éditeur d'origine n'avait pas prévu [93]. En 2011, l’exposition « Boris Vian » [94] à la Bibliothèque Nationale de France éclaire d’un nouveau jour la naissance à la littérature de Boris Vian et le rapport qu'il entretient avec elle, en révélant nombre de manuscrits. Les feuillets des "Cent sonnets", du "Conte de fées à l’usage des moyennes personnes" et de "Trouble dans les Andains "permettent de comprendre combien sont liés écriture et humour dans cette expérience familiale de la littérature destinée à n’amuser que les proches et les voisins. Jeux de mots, personnages à clefs et pseudonymes facétieux sont la marque indélébile de cette première approche littéraire, très vite remplacée par une littérature plus grave et sérieuse, parfaitement représentée par J’irai cracher sur vos tombes. Le désir de reconnaissance apparaît alors, mais sa pratique première de la littérature ne cesse de perturber ses ambitions. Par la supercherie littéraire, Boris Vian joue à cache-cache et déroute son lecteur. La littérature n’est pas le seul domaine où ce phénomène vient briser ses rêves : le journalisme est aussi une profession où, bien que voulant être pris au sérieux, Boris Vian désoriente ses interlocuteurs par son goût pour la facétie. Inaudible pour ses contemporains qui ne perçoivent de lui qu’un parfum de scandale et de dandysme, c'est avec le temps que les malentendus se dissipent et qu’apparaissent enfin les tensions qui ont structuré – ou déstructuré – une œuvre qui s’apparente aujourd’hui à celle d’un poète maudit. Il a beaucoup inspiré Serge Gainsbourg, qui allait l'écouter aux Trois Baudets, et qui a aussi pris comme arrangeur Alain Goraguer[95]. Gainsbourg confiait dans la revue L'Arc : « Là, j'en ai pris plein la gueule (...), il chantait des trucs terribles (...), c'est parce que je l'ai entendu que je me suis décidé à tenter quelque chose d'intéressant (...)[96] » Pseudonymes[modifier] La liste complète des pseudonymes de Boris Vian est difficile à établir. Il y a des connexions certaines et d'autres supposées. Marc Lapprand en a analysé vingt-sept. Mais il y en a d'autres. « Parmi les vingt-sept noms de plume, on trouve vingt-deux figures journalistiques, quatre figures purement littéraires (Joëlle du Beausset, Bison Duravi, Bison Ravi, Sullivan) une figure sociopolitique (Jacques Dupont), quatre noms de femmes (Andy Blackshick, Otto Link, Boriso Viana, Amélie de lamineuse), pour les chroniques de jazz : Josèphe Pignerole, Gédéon Molle, S. Culape, pour d'autres articles de presse Gérard Dunoyer, Claude varier, Michel delaroche, Anne Tof de Raspail, Eugène Minoux, Xavier Clarke, Adolphe Schmürz. Dans Vernon Sullivan, les dernières lettres sont tirées du nom de Vian, Sullivan étant aussi le nom de plusieurs musiciens de Jazz dont Michael Joseph "Joe" O'Sullivan [97]. »
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