STEAMHAMMER / Mountains - LP33t - Fontana
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Mar 1, 2014 Sold Date
Feb 19, 2014 Start Date
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Description

STEAMHAMMER

Mountains !

Label : Fontana - 6459302 - BIEM

Disque : Bon État (pas de véritable rayures, mais plusieurs petites griffures)  / Pochette : Bon Etat (quelques petites marques d'usures), pas d'écritures

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racklist Hide Credits

A1
I Wouldn't Have Thought (Gophers Song) Written-By – White*, Pugh* 5:39
A2
Levinia Written-By – White* 3:35
A3
Henry Lane Banjo – Keith Nelson Written-By – White* 3:52
A4
Walking Down The Road Written-By – White* 3:43
A5
Mountains Written-By – White* 5:38
B1
Leader Of The Ring Written-By – White* 2:48
B2
Riding On The L&N Engineer [Live] – Geoff Calver Written-By – Burley*, Hampton* 10:23
B3
Hold That Train Engineer [Live] – Geoff Calver Written-By – White*, Pugh*, Bradley*, Davy* 5:50

Credits

  • Acoustic Guitar [Lead], Electric Guitar, Guitar [Bottleneck] – Martin Pugh
  • Arranged By – Steamhammer
  • Bass, Organ, Vocals – Steve Davy
  • Cover [Cover Art] – Chris Stepan
  • Drums, Percussion – Mick Bradley
  • Engineer [Recording, Mixing] – Martin Birch
  • Lead Vocals, Harmonica, Acoustic Guitar [2nd], Electric Guitar – Kieran White
  • Producer – Fritz Fryer

Notes

Track A2, A3 recorded live at the Lyceum

Gatefold sleeve, laminated cover.

"Steamhammer "Mountains" (1970)

Ce "Marteau à Vapeur" qui gravit allègrement des montagnes fit son apparition au cours de la seconde vague du British Blues, vers 1968/69, celle qui vit l’avènement de groupes aussi différents les uns des autres que Jethro Tull, Edgar Broughton Band, Chicken Shack, Spooky Tooth, Ten Years After, Taste, Groundhogs, voire même Led Zeppelin, pour ne citer qu'eux. Ce qui caractérisait toutes ces formations, c’était un désir de transcender les limites apparentes du blues, après les avoir parfaitement maîtrisées (Steamhammer ont quand même accompagné Freddie King en tournée en Angleterre !) – notamment en ce qui concerne la grille d’accords et les rythmes – et d’explorer les territoires situés au-delà des frontières définies du genre, en y intégrant la liberté apportée par le tout récent (à l’époque) mouvement psychédélique, à l’instar de ce que fit par exemple en 68 l’un des hérauts, pour ne pas dire l’un des héros, du Blues Boom anglais, John Mayall, avec son "Blues From Laurel Canyon".

"Mountains" est le 3ème album de Steamhammer, formation qui comptait alors en son sein Kieran White, chanteur au timbre de voix immédiatement identifiable, Martin Pugh, grand guitariste honteusement oublié aujourd’hui, Steve Davy à la basse et Mick Bradley, excellent batteur qui devait succomber d’une leucémie en 1972. Aux manettes et à la console, on trouve Martin Birch, entre autres alchimiste sonore du In Rock de Deep Purple et de Thank Christ For The Bomb des Groundhogs…

C’est " I Wouldn’t Have Thought" qui ouvre cet album, composé par le tandem White/Pugh, et d’emblée on est frappé par la maturité de l’écriture et la cohésion instrumentale des musiciens. Au niveau rythmique, ce titre s’est affranchi du rock et du blues classiques, et le chant de Kieran White, que faute de trouver un autre adjectif, je qualifierai de "sinueux", lui donne tout son cachet. Le solo de guitare central, avec un accompagnement tout en finesse et en apesanteur, est doté d’un son âpre et âcre, à même de faire exploser les tweeters de n’importe quelle micro-chaîne actuelle ! Autre particularité du son de Steamhammer, la façon très particulière qu’a Kieran White de jouer de la guitare rythmique, en utilisant des open-tunings un peu à la manière d’Alan Wilson de Canned Heat (avec cependant un son plus clair que celui du "Blind Owl"). Cette façon de jouer donne un côté aérien à cette deuxième guitare, qui contraste fortement avec la puissance bien terrienne du binôme basse/batterie et de la guitare soliste.

On retrouve toutes ces nuances dans le morceau de bravoure de l’album, c'est-à-dire l’enchaînement public de "Riding On The L&N" et de "Hold That Train". Après une intro batterie/basse, cette dernière ayant un son à la limite de la saturation, les superbes entrelacements des deux guitares et du chant rendent presque méconnaissable la première partie de ce medley, classique repris notamment par Nine Below Zero sur leur live en 80. On pense de nouveau à Canned Heat dans l’improvisation qui suit, toute en énergie et en feeling (et sans une once de démonstration technique gratuite), et encore plus dans la deuxième partie, "Hold That Train", bâtie sur un riff boogie proche de ceux qu’affectionnaient nos bluesmen californiens psychédéliques (par exemple " Fried Hockey Boogie"). On ne s’ennuie pas un seul instant tout au long de ces 16 minutes.

Bâtie sur un rythme similaire à celui de "Take Five", " Levinia", (composé, comme tout ce qui suit, par Kieran White) ouvre la seconde face. De nouveau, l’association voix/guitare à l’unisson fait des merveilles sur ce morceau tout en délicatesse, sublimé par un très beau solo de guitare acoustique. Puis vient "Henry Lane", composé de deux parties bien distinctes. Après une intro où des entrelacs de guitare se partagent la part du lion, on décolle subitement, sans que cela ne paraisse ni illogique ni forcé, dans une incartade country/folk aérienne dans laquelle figure même un banjo ; on croirait presque entendre "Rag Mama Rag" du Band paru l’année précédente ! Il convient d’ailleurs de préciser ici que Kieran White fit ses premières armes dans le circuit folk britannique, style qu’affectionnaient les musiciens anglais à l’époque (cf. le Led Zeppelin III), et qu’on retrouve dans le morceau suivant, la très belle ballade acoustique "Leader Of The Ring", rehaussée par un léger effet de phasing qui lui confère une atmosphère onirique des plus… opiacées. "Walking Down The Road" débute par la basse, bientôt rejointe par un riff de guitare dont le style et le son me font un peu penser à Charlie Whitney de Family, notamment sur l’album "A Song For Me", également paru en 70. Un bridge instrumental tribal dominé par des percussions, une basse monolithique et une wha-wha… heu… wha-whatesque, et ça repart ! Un couplet, toujours emmené par le chant si particulier de Kieran White, et ce titre se termine sur le riff de basse de l’intro, avant de laisser la place à… "Mountains", qui clôt l’album, et qui est sans nul doute l’une des plus belles réussites du groupe. Ce morceau, de nouveau, évoque un peu Family, mais cette fois dans l’autre sens (ces derniers ont dû l’écouter !), le Family de "Spanish Tide" sur Fearless, paru l’année suivante, notamment pour son passage solo un peu hispanisant. Tout en légèreté et en subtilité,"Mountains" est la conclusion idéale d’un superbe album. Des arrangements, des chœurs sonnant très Beatles (période Abbey Road), achèvent d’insuffler à ce titre une magie et une grâce qui auraient dû lui conférer un statut de classique impérissable.

Pour conclure, je ne saurais que trop vous conseiller de partir à la recherche de cet album, et même, s’il le faut, d’escalader des montagnes pour cela ("Higher, we’re gettin’ higher, we could almost touch the sun… ").
Chronique publiée dans Crossroads n°28, janvier 2005, dans la rubrique Parallel Lines "


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